Après la publication du poème " Qui ? " de Ketty Nivyabandi, la réponse de Roland Rugero ...
Mère,
J'ai bien lu ton appel !
J'arrive, j'accours !
Oui, j'ai bien lu ta berceuse.
Que tu es forte,
Toi qui t'apprêtes à bercer dans ton dos
Sentant la lune et le doux soleil des terres apaisées,
« Un petit garçon aux airs de grand patron »
Que tu es si forte,
Comme j'ai envie de te dire tout sur moi,
Sur celui « qui m'a fait si mal, si peur! »...
Que tu es si riche, de tes seins, de tes siens, de tes sens,
Toi qui veux m'arracher aux griffes du dieu fric,
Cette pitance traître, qui tresse dans mes cheveux
Parfumés à l'huile des femmes légères,
Des rêves barbouillés d'images dorés.
Que tu es patiente,
Toi qui attendra que s'éteigne ma soif de tout posséder
En m'arrosant de tes berceuses, et de tes caresses.
Que tu es lionne, Mère,
Toi qui t'apprête à câliner mon crâne poilu d'une savane blanche,
Dans laquelle courent des visions, des bêtes-ennemies,
Des soifs de longévité, des courtisanes agiles et des serviteurs-hyènes.
Que tu es sainte, que tu es forte, Mère,
Toi qui veut laver mon corps sentant des odeurs
Ni chrétiennes, ni musulmanes, ni bouddhistes, ni naturelles,
Des relents d'outre-lit;
Mon corps peint en rouge,
Mes victimes ayant l'habitude de pleurer dans leurs coeurs endoloris,
Des larmes mensuelles à l'honneur de ma brutalité...
Mère, oui, prends-moi dans ton dos.
Je me ferai petit, j'humerai avec humilité ta sueur divinement humaine et apaisante,
Je geindrai sur ton corps arqué d'amour et d'espoir,
Je lèverai mes yeux embués vers ton cou.
Et je t'étranglerai, en murmurant : « C'est toi qui m'a rendu ainsi, pour m'avoir mis au monde! »
cette berceuse de Ketty méritait bien une réponse et je trouve que le poème de Roland est un feedback magnifique.
RépondreSupprimertrès belle réaction , Roland.